L’Échelle canadienne de triage et de gravité pour les départements d’urgence (ÉTG) a été créée en 1999, à la suite d’un large consensus d’experts du Groupe de travail national canadien sur l’ÉTG, constitué d’infirmières et de médecins. L’ÉTG vise à uniformiser le processus du triage à l’urgence par l’utilisation de critères communs et d’une même méthode de classification. Sur le plan opérationnel, l’ÉTG vise la diminution du temps d’attente et l’intervention en temps opportun.
En 2000, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et le Collège des médecins du Québec (CMQ) diffusaient un énoncé de position conjointe qui proposait un cadre de référence pour le processus de triage à l’urgence. Puis, en 2001, l’implantation de l’ÉTG au Québec a donné lieu à la production du document intitulé Échelle de triage et de gravité : suivi du Forum sur la situation dans les urgences. Cette initiative faisait suite aux recommandations formulées lors du Forum sur la situation des urgences, tenu les 4 et 5 octobre 1999. Un supplément à l’ÉTG, l’Échelle canadienne pédiatrique de triage et de gravité, a ensuite été produit afin de faciliter le triage chez les enfants. Le Groupe de travail national canadien a, par ailleurs, procédé à une révision complète de l’ÉTG en 2004. On y insiste notamment sur l’importance de la réévaluation, une procédure susceptible de modifier le niveau de triage. En plus de l’évaluation de l’état de santé qui prend en compte le motif de consultation comme déterminant du degré de priorité, cette nouvelle version traite des modificateurs de premier ordre tels que les signes vitaux, les échelles de douleur, les mécanismes de blessure et la chronicité des symptômes, ainsi que des modificateurs de second ordre propres au motif de consultation.
Depuis la modernisation des lois professionnelles dans le domaine de la santé en 2002, dont la Loi sur les infirmières et les infirmiers, les infirmières jouissent d’une plus grande autonomie. Leur jugement clinique est désormais reconnu en ce qui a trait à l’évaluation initiale de l’état de santé d’une personne. Elles peuvent en effet initier des mesures diagnostiques ou des traitements selon une ordonnance. Par exemple, l’infirmière au triage peut, à la suite de son évaluation, initier certaines mesures diagnostiques (ECG, examens radiologiques, analyses de laboratoire, etc.) ou thérapeutiques (administrer de l’acétaminophène, de la nitroglycérine, de l’oxygène, etc.). Elle le fait selon des critères précisés dans les ordonnances collectives établies à cette fin. Elle peut également, à partir d’une procédure administrative, orienter certains clients vers des ressources alternatives lorsque cela est approprié.
C’est en raison de tous ces changements que l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a décidé de mettre à jour le document intitulé Échelle de triage et de gravité : suivi du Forum sur la situation dans les urgences, qui sert de guide pour les infirmières affectées au triage à l’urgence. Ce document traite de la définition du triage, de la portée du rôle de l’infirmière affectée au triage, de ses interventions, de l’accueil au triage, de l’évaluation du client, de la détermination d’un niveau de triage, de la possibilité d’initier des mesures diagnostiques ou thérapeutiques selon une ordonnance collective, ainsi que de la réorientation d’un client.
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